Ce n’est pas quand nous cessons de parler ni même
toi qui ne dis plus rien ton silence.
Ce n’est pas tous les trains partis les mouchoirs tout
blancs sur les quais.
Plutôt ce qui les fait valser.
L’air jamais joué jamais stoppé.
Maintenant les clairons les violons sont à toi.
Et les mouchoirs tout blancs comme s’ils savaient des
bouts d’éternité.
Des morceaux de musique.
Une fourmi à ma chaussure je la regarde comme elle
danse sur le lacet sans avoir peur.
Elle sera tombée d’herbes folles ou de mon bouquet
de coucous qui lourdit mesure que j’avance.
Je quitte la pompe et je la souffle elle a une si petite
vie noire.
Elle m’aurait chatouillé les pieds peut-être fait rire
toute seule sur la route du cimetière comme si
c’était moi comme si c’était elle.
Là plantée ni bronchante ni pensante ni rien.
Et de la façon sûre des arbres et définitive en chêne.
Comme rien comme personne ta vie.
Mal mouchée dans des mouchoirs d’au revoir de rêve,
soufflée d’un coup.
Du vent, des clous.
Les roses peuvent bien rougir dans les plus vieux
jardins elles ne sont pas le coeur sorti de la
mémoire.
Énormes palissades et ça monte à la tête en couronnes
de rien.
Là où les jeux nouveaux étaient juchés facile
l’éternité valdingue.
Ça tombe un peu beaucoup le derrière et les joues.
Et mon père là-dedans grondant ou se manant mon
père qui a trente ans peutêtre et tout le temps.
Rien à mettre pour aller avec les yeux rouges.
Les lapins blancs ont beau être innocents tu ne dis
plus d’histoires.
Et mes bouquets se cassent en deux le vent me lève
ma seule robe bleue pour l’emporter au paradis.
C’est un regard dur à porter.
Toujours courir.
Nous n irons plus aux champignons le brouillard a
tout mangé les chèvres blanches et nos paniers.
Nous n irons pas non plus dans les cités énormes qui
sont des baleines grises très bien organisées où nos
coeurs se perdraient.
Ni au cinéma ni au cirque, ni au caféconcert ni aux
courses cyclistes.
Nous n’irons pas nous n’irons plus pas plus que nous
n’irons que nous ne rirons pas que nous ne rirons
plus que nous ne rirons ronds.
Le hangar sa tôle ondule avec du vent.
En bottes c’est à mon père il y a ses traces de doigts
sur les pinces coupantes et les nids d’hirondelles.
Dogue et moi parmi les flaques sombres les grues au
sommeil lourd — c’est ce qu’elles lèvent.
Robe noire le coeur le cambouis bien cachés.
Ta gueule dogue ta gueule dogue le jour va se
coucher.
Mon père aux jeux télévisés sa tête sur l’oreiller
infiniment brodé.
Voir du monde.
Cinéma de plages blanches de ciels de luxe — il
n’irait jamais.
Aimer bien des gens de partout.
Des bêtes, des fleurs beaucoup.
De dans la chambre où j’ai grandi le gel a gelé l’eau
de source.
Je dors là, craque le plastique — dehors toute une
éternité hulotte chante clair.
Avant le coucher mon père et moi chacun à un lavabo
lui se trouvant jaune moi mentant que pas
tellement.
Mais il était jonquille, forsythia, du tout la bonne
heure de printemps.
Les beaux jours vivement (qu’il disait) vivement
Papa dire papa dear dada pire : tu te souviens de mon
petit cheval?
Comme ça tournait autour de la table à roulettes de
cuisine sa crinière nos cheveux noirs au vent.
Comme ça valsait les boîtes à thé les casseroles
bellescomme ça y allait àdada rire oh papa rear à
tout casser pas dire?